Il est saisissant de constater de quelle façon la Présidence de la République et le Gouvernement traitent actuellement les Parisiens et les Franciliens, ainsi que leurs représentants, préparant sous couvert de modernisation la mise sous tutelle étatique de la capitale et de la région Ile-de-France. Nous voici sur le chemin d’un retour au système préfectoral qui régissait le feu département de la Seine. Et donc au temps où les Parisiens, peuple jugé dangereux par le pouvoir en place, n’avaient pas le droit d’élire leur propre maire ou des représentants pouvant légitimement porter leur parole.
Voici un an et demi, les meilleurs architectes furent convoqués par le Président de la République pour faire partager leurs projections de ce que pourrait être un « Grand Paris ». Après quelques effets de manches présidentiels, les paris futuristes des architectes furent rapidement oubliés. Au même moment, adoptant une logique pragmatique des petits pas, chère aux membres fondateurs de l’Europe, le syndicat mixte Paris Métropole prenait son envol, faisant le pari démocratique et exigeant d’une gouvernance « compromissocratique. »
Vint ensuite le temps du technocrate. Christian Blanc, nommé secrétaire d’Etat à la région capitale, travaille alors dans l’intimité de l’Elysée à l’élaboration d’un Grand Paris déconnecté des projets architecturaux. Puis vint le tour du Parlementaire, emmené par le Sénateur de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier, auteur d’un rapport tout aussi déconnecté des travaux entrepris par ailleurs, où les grands absents demeurent invariablement les populations concernées et leurs représentants. Pendant ce temps, loin des effets d’annonce, Paris Métropole grandit, voyant adhérer les collectivités de droite et de gauche les unes à la suite des autres, selon une démarche participative, pragmatique et respectueuse de l’histoire de chacune des identités qui la composent.
