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France 24 : Roselyne Febvre reçoit Christiane Taubira

Le Groupe / Revue de presse
Cyril Mourin - Jeudi 26 Février 2009 - 13:06
 Roselyne FEBVRE.- Retour sur le plateau de Politiques en compagne de Christiane Taubira, bonjour. Vous êtes Députée du PRG, le Parti Radical de Gauche de Guyane.

Bien sûr, nous allons parler de ce qui se passe en Guadeloupe et en Martinique.

Ce week-end, il y a eu les obsèques du militant tué lors des affrontements. Personne du Gouvernement n'était présent à ses obsèques, cela a-t-il été mal ressenti ?

Christiane TAUBIRA - Les Guadeloupéens étaient essentiellement dans la douleur, le recueillement, dans la difficulté de vivre la mort de ce militant syndical, bien connu, très doué, dont les qualités sont réelles, elles ne sont pas posthumes. Les Guadeloupéens se sont vraiment retrouvés, soudés entre eux. C'était l'essentiel. Je ne crois pas qu'ils aient été malheureux de l'absence d'une représentation de l'exécutif.

Roselyne FEBVRE.- Sait-on comment il a été tué ? Nicolas Sarkozy a parlé d'assassinat, ainsi que le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo.

Christiane TAUBIRA.- C'est un assassinat en tant que tel. Il faut voir si c'est un meurtre commandité ou un assassinat accidentel. L'enquête est en cours, il faudra qu'elle aboutisse et surtout qu'elle aboutisse sur la vérité.

Roselyne FEBVRE.- En revanche, à ces obsèques, on a vu Ségolène Royal mais beaucoup ont parlé de "récupération politique". Vous, cela vous a-t-il choqué de voir Ségolène Royal venir, débarquer d'un seul coup aux Antilles ?

Christiane TAUBIRA.- Sa présence n'est pas choquante car Ségolène Royal a grandi et a été scolarisée à la Martinique juste à côté. Pour la campagne présidentielle, elle s'est rendue à la Martinique et à la Guadeloupe. Elle a une relation de sincérité avec les Antilles, cependant, j'aurais préféré, moi, qu'elle vienne bien avant, au moins deux semaines plutôt d'une part, d'autre part, sa présence aux obsèques n'est pas choquante en tant que telle. C'est sûrement le moment de plus grande exposition pour montrer une solidarité, simplement, ce qui n'était pas indispensable, c'était toute une série de déclarations politiques à ce moment-là.

Roselyne FEBVRE.- Ce n'était pas le lieu ?

Christiane TAUBIRA.- La veille et le lendemain, ça aurait été mieux sans doute....

Roselyne FEBVRE.- On va essayer de comprendre. D'après vous, pourquoi Nicolas Sarkozy n'a pas été très réactif sur le dossier, c'est le moins ce que l'on puisse dire. Il a attendu le 19 février pour dire un mot sur les Antilles.

Avec le recul, comment l'analysez-vous ? A-t-il minimisé la gravité de ce mouvement, parce que c'est loin, ou parce qu'il y a un rapport compliqué avec les Antilles ? Il n'avait pas pu y aller pendant la campagne présidentielle pour avoir parler de l'aspect positif de la colonisation. Arrivez-vous à expliquer ce retard à l'allumage ?

Christiane TAUBIRA.- Non, je ne l'explique pas, en tous cas, je ne suis pas en situation de donner des arguments rationnels à cela.

Je ne sais pas s'il a un rapport compliqué avec les Outre-mer en général, ou s'il a un non rapport avec les Outre-mer. Il a en effet eu du mal à venir parce qu'Aimé Cesaire a dit qu'il ne le recevrait pas tant que l'article 4 de la loi du 23 février qui reconnaissait et demandait l'enseignement des bienfaits de la colonisation, n'était pas abrogé.

Il a eu cette difficulté, ponctuelle, et il est venu après. Il a géré un calendrier de visites. Je ne crois pas que le Président de la République ait un regard, une vision, une sensibilité particulière sur les Outre-mer. Je ne suis même pas sûre qu'il réalise qu'elles existent, qu'ils appartiennent au territoire de la République. Ce retard, c'est probablement assez largement de l'indifférence. C'est sans doute aussi une incapacité à comprendre que ce qui se passait là était grave et profond. C'est incontestablement aussi le constat qu'au sein de ce gouvernement, il n'y a personne, y compris la Ministre chargée de l'Outre-mer...

Roselyne FEBVRE.- ...Michèle Alliot-Marie.

Christiane TAUBIRA.- ...et le secrétaire d'état, c'est un cas un peu particulier. Il n'y a personne, ni le Premier Ministre, ni la Ministre de l'outre-mer, capable d'alerter le Président de la République sur ce que sont vraiment les Outre-mer.

Roselyne FEBVRE.- Elle n'a pas fait son job d'après vous ?

Christiane TAUBIRA.- Manifestement, elle a été silencieuse. Elle a même parlé après lui. Le mouvement a été déclenché le 20 janvier. Dès le 16 décembre, un mouvement de grève avait déjà été lancé sur la question du carburant. Le 20 janvier, démarre la grève générale. Le Président de la République s'en inquiète le 19 février, en recevant les élus.

Entre-temps, Mme Alliot-Marie n'a pas dit un mot. Lorsqu'elle se décide enfin, le 16 février - non pas à s'exprimer, d'ailleurs elle n'a manifestement rien à dire aux ressortissants d'Outre-mer - mais lorsqu'elle se décide à prendre une initiative, c'est pour organiser l'envoi de forces de gardes mobiles, des forces du GIGN, du Raid, en Guadeloupe comme si c'était des territoires hostiles, ennemis, et qu'à tout mouvement social, à toutes revendications, on ne pouvait répondre que par la répression.

Roselyne FEBVRE.- Donc gestion politique un peu hasardeuse ?

Christiane TAUBIRA.- Calamiteuse, lamentable, minable, irrespectueuse, scandaleuse, inacceptable !

Roselyne FEBVRE.- Le Secrétaire d'Etat, Yves Jégo, qui s'est interrogé un peu sur ce même plateau sur l'utilité de son ministère s'est senti lâché. Il le dit. C'était un fusible ? Faut-il lui en porter rigueur ?

Christiane TAUBIRA.- Ce n'est pas un fusible parce qu'il n'a pas encore sauté manifestement. Je crois qu'Yves Jégo a été sincère. Mais alors il a été d'une maladresse insupportable dans la façon dont il a quitté la Guadeloupe alors qu'il avait noué des relations avec les différentes parties au conflit.

Roselyne FEBVRE.- On l'a rappelé.

Christiane TAUBIRA.- C'est vrai. Il aurait donc dû prendre le temps de dire à ses partenaires qu'il s'en allait car il avait été rappelé puisque, justement, il l'a été manu militari.

Ceci étant, on s'est bien rendu compte qu'Yves Jégo avait été attentif à ce qui se passait, aux éléments qui lui étaient fournis aussi bien sur place, que par sa mission d'inspection. Il a compris que l'Etat de droit était transgressé. Il a déclaré que c'était inacceptable. Il a été lâché au sens où manifestement les engagements verbaux qu'il avait pris, au nom de l'Etat, non pas été validés et même traités avec désinvolture.

En ce sens, il a été lâché.

Ce qui nous importe, ce n'est pas tellement les relations entre M. Fillon et M. Jégo, mais c'est la crédibilité de l'Etat. C'est la confiance que l'on peut avoir envers l'Etat. C'est le rôle régulateur de l'Etat que l'Etat n'est pas prêt à assumer, régulateur chez nous, alors qu'il est ultra interventionniste dans l'hexagone.

Roselyne FEBVRE.- Faut-il une nouvelle gouvernance comme le suggère d'ailleurs le Ministre ?

Christiane TAUBIRA.- Cela me paraît indispensable. Ce sont des demandes qui s'élèvent de nos territoires depuis de nombreuses années et c'est le refus des différents Gouvernements d'entendre, y compris la gauche... Cette dernière a entendu un peu, elle a desserré l'étau. La loi de Christian Paul de 2000 est une loi qui répartit un peu mieux un certain nombre de responsabilités entre l'Etat et les Collectivités mais elle n'est pas allée vraiment dans le fond.

Ce sont des demandes que nous formulons, car incontestablement, nous demandons une répartition des responsabilités parce que nous avons besoin de libertés locales. Nous avons besoin d'espaces de décision. Nos territoires sont dans la ceinture tropicale ou équatoriale, nous avons un Environnement d'autres économies autour de nous avec lesquelles il faut ajuster nos productions. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n'existait pas.

Roselyne FEBVRE.- C'est aberrant de faire venir les salades, les yaourts de France. N'y a-t-il pas une économie qui peut se tourner vers les Caraïbes et les Etats-Unis ?

Christiane TAUBIRA.- Qui peut se tourner et qui doit se tourner d'abord vers les marchés domestiques. Nous avons à être capables de nourrir nos propres populations.

Roselyne FEBVRE.- Il n'y aura pas une politique à bas coûts dans ce cas ? ce ne sera pas encore une politique à plus bas coût des salaires, de tout ? On sait comment ça fonctionne.

Christiane TAUBIRA.- Ce sont des choses qui peuvent s'ajuster, parce que lorsqu'on regarde la structure des coûts de production et de revient, les salaires ne sont pas l'élément le plus pénalisant. On a vite fait de dire "effectivement, vous avez une législation sociale, donc vous ne pouvez pas être compétitifs, et si vous voulez l'être, vous serez obligés de renoncer au salaire. C'est faux !

D'une part, il y a moyen de créer des complémentarités entre nos économies. Si nous nous positionnions sur des produits à valeur ajoutée, sur des produits haut de gamme, sur un ajout par rapport à ce qui est produit dans les pays voisins, il est possible de constituer des processus complémentaires nous permettant ensemble, pour l'exportation en tout cas, de nous positionner sur un certain nombre de marchés extérieurs. Déjà sur l'intérieur, il nous faut être capables de nourrir nos populations. Nous avons des territoires où l'agriculture est possible. Dans ces territoires, on asphyxie l'agriculture pour justement favoriser l'import.

Roselyne FEBVRE.- Vous étiez au rendez-vous à l'Elysée avec tous les élus d'Outre-mer, avez-vous eu le sentiment comme le ricanait le journal "Libé", "Nicolas Sarkozy découvre l'Outre-mer". Avez-vous l'impression qu'il découvrait, qu'il mettait un peu la tête dans la marmite en découvrant le problème à la fois économique, la situation de monopole que l'on connaît ? Avez-vous a eu le sentiment qu'il comprenait ce qui s'y passait ? Quel sentiment avez-vous eu ?

Christiane TAUBIRA.- S'il découvrait l'Outre-mer, ce serait presque une circonstance atténuante, car les problèmes sont tellement graves qu'il est insupportable d'imaginer qu'au sommet de l'Etat, on ne sache pas tout ça. La réunion a duré deux heures et demie. Il a donc écouté et entendu certaines choses, et aujourd'hui, il ne peut pas prétendre les ignorer. S'il ne prend pas les décisions qui conviennent, ce sera par choix indiscutablement.

Il a entendu et beaucoup parlé, car il est ce qu'il est, qu'il intervient, qu'il interrompt, qu'il explique, qu'il démontre, qu'il illustre. Il a été très impliqué dans la réunion.

Roselyne FEBVRE.- Il a écouté, rassurez-nous.

Christiane TAUBIRA.- Je n'en suis pas sûre. Il a écouté pas mal, parlé beaucoup aussi.

Sur le plan de l'éthique, non seulement nous lui avons rappelé ce qu'il y a, mais nous lui avons signalé que dorénavant tout le monde sait que l'Etat sait. Il ne peut pas feindre celui qui ignore.

Ensuite, sur le plan de l'économie, nous avons expliqué que nous en avions assez de ces économies de comptoir, que nos revendications portent sur du développement économique, la possibilité de permettre à nos économies de respirer, de se développer, de produire, en fait d'exploiter nos richesses et de les mettre en valeur.

Sur le plan politique, nous lui avons dit aussi que l'architecture institutionnelle n'est pas optimale et qu'il nous faut absolument revoir un peu la répartition.

Roselyne FEBVRE.- D'où la convocation des états généraux.

Tout le monde reconnaît que le problème est d'abord économique, mais que les racines du mal sont peut-être plus profondes. Il y a un sentiment, celui, pour certains Antillais, de vivre sur un système hérité du modèle colonial. Est-ce justifié de dire ça ?

Vous, vous avez eu des mots très forts dans le Journal du Dimanche, il y a une semaine. Vous parliez au plan économique qu'on frôlait parfois l'apartheid social. C'est fort !

Christiane TAUBIRA.- Ce n'est pas un sentiment, mais une réalité. L'apartheid social, on le voit en Guadeloupe particulièrement. Il y a, en tout cas un, je ne sais pas s'il y a plusieurs, mais j'ai vu de mes propres yeux un quartier résidentiel avec une très haute clôture, et les résidents sont exclusivement des blancs. C'est une réalité physique, vérifiable, sur le territoire.

Je ne suis pas pour la ligne de fracture raciale, car cela n'a pas de sens, d'une façon générale dans la vision que j'ai de la vie mais vraiment pas de sens dans nos territoires et dans nos sociétés qui sont toutes multiculturelles. Ce n'est pas parce qu'un groupe de personnes se positionne ainsi que l'ensemble des problèmes de la société devient ça.

Roselyne FEBVRE.- Les békés exploitent les noirs ?

Christiane TAUBIRA.- Ce n'est pas aussi simple que ça. D'abord, tous les Martiniquais, tous les Guadeloupéens considèrent que les békés sont comme eux. C'est juste à l'occasion de ce reportage sur Canal + et d'une parole de béké que le problème a resurgi. Cela faisait déjà trois semaines que la grève était en cours, ce sujet n'était pas posé en ce ces termes-là. Eux-mêmes l'ont posé en ces termes.

Ceci étant, je ne fais pas une globalité avec les békés. Certains sont totalement dans la société, d'autres ont fait des mariages car l'amour, vous pouvez faire ce que vous voulez, quand ça vous prend, ça vous prend !

Le problème n'est pas aussi simple. C'est une oligarchie. Il y a des békés, c'est incontestable, dans cette oligarchie. Ce n'est pas un problème de couleur et de race, mais une pratique de caste au sens où c'est fermé, ça s'organise pour rester fermé.

Lorsqu'ils empêchent, par exemple, l'arrivée d'entreprises en provenance de la France ils empêchent l'arrivée.... Donc cela n'a pas de sens de dire que c'est un problème de blancs et de noirs.

Roselyne FEBVRE.- C'est préservé les acquis, la part du gâteau.

Christiane TAUBIRA.- Tout à fait. Ce sont des économies de territoire d'exception, des économies hors norme, hors activité normale. Il y a de vrais rangs de situation.

Roselyne FEBVRE.- Comment agit-on là-dessus alors ?

Christiane TAUBIRA.- Il y a une réalité coloniale qui se comprend. Je vous rappelle qu'après la deuxième abolition de l'esclavage, en 1848, pendant un siècle entier, ces anciennes colonies sont restées des colonies, mais que c'est l'économie de plantations qui a perduré. Lors de la loi de 1946, la loi de départementalisation qui devait entraîner l'égalité sociale, cette dernière n'est pas arrivée. C'était compliqué, il n'y avait aucune volonté de long terme. Ce n'est pas un sentiment la réalité coloniale. Ce sont des sociétés assez assises sur le principe de la plantation...

Roselyne FEBVRE.- Il n'y a pas de victimisation dans tout ça, de fantasme ?

Christiane TAUBIRA.- Non ne serait-ce que parce que ce sont des gens qui se battent. Ces gens qui sont depuis cinq semaines en grève générale ont perdu déjà cinq semaines de salaire. Ils ont dû réorganiser la vie, ce sont des sacrifices au quotidien, du courage, de la détermination, la volonté de sortir de cette société archaïque, et d'entrer dans l'amorce d'une société plus moderne. Ce n'est pas la victimisation. Ils ne sont pas en train de crier "au secours, nous sommes les plus malheureux de la terre", ils disent "nous voulons la justice sociale, nous voulons le respect de nos droits, une économie normale plutôt que cette dépendance qui, justement, nous a servi.

Roselyne FEBVRE.- Le LKP a refusé la proposition de François Fillon, c'est-à-dire les 200 €, qui seraient de mélanger les revenus du travail avec le RSA, le revenu de solidarité active. Ils n'en veulent pas, pourquoi ce refus ?

Christiane TAUBIRA.- Ce n'est pas ça du tout. L'offre du Gouvernement, c'est 1 500 € maximum sur une année, sous forme de primes. Si les entreprises acceptent d'accorder cette prime, l'Etat les exonère des cotisations salariales et patronales mais pas de la CRDS et de la CSG. Cela veut dire qu'à l'arrivée, le maximum possible, c'est 120 €, si l'entreprise veut.

Les entreprises ont répondu, les grands notamment à travers le MEDEF ont répondu "on donne entre 70 et 80 €". Le plafond était déjà fixé par l'Etat à 120 €, ce n'est donc pas les 20 €.

Ensuite, l'Etat propose cette combinaison avec le RSA qui n'est pas encore applicable, donc ce n'est pas de l'argent frais. Le Président de la République a parlé de revoir les critères d'application du RSA, peut-être va-t-on arriver à un processus législatif. Ce n'est toujours pas fait.

Roselyne FEBVRE.- Vous les soutenez là-dessus ?

Christiane TAUBIRA.- Absolument car L'offre ne permettait pas de reprendre les négociations sur des bases sérieuses.

Roselyne FEBVRE.- Les échauffourées ont recommencé après une période d'accalmie où on négociait. Là, avez-vous peur que cela dérape une fois de plus ?

Christiane TAUBIRA.- Non car le LKP a fait une proposition depuis hier.il faut que l'exécutif s'implique davantage, le LKP a fait une proposition depuis hier. Cette proposition est soutenue par les deux parties majeures, Conseil Régional et conseil général et par tout le petit patronat de Guadeloupe. Cette proposition, il faut que l'Etat y réponde. Sauf que le Préfet répond régulièrement qu'il attend la réponse de l'exécutif. Il faut que l'exécutif comprenne qu'il ne peut pas à chaque fois disposer de 48 heures pour répondre à une proposition dans une négociation.

Roselyne FEBVRE.- Certains disent que, derrière cette révolte, il y a des velléités indépendantistes, puisque le LKP est issu d'indépendantistes. Croyez-vous à cette thèse. Y a-t-il des volontés derrière ce mouvement, au moins d'autonomie ?

Christiane TAUBIRA.- S'il y avait cette volonté, compte tenu de leur assise, aura, rayonnement, ils l'auraient exprimée. LE LKP est constitué pour partie d'anciens indépendantistes, de militants n'ayant jamais rogné leur positionnement pour l'indépendance. C'est une cinquantaine de centrales syndicales. Ce sont des associations, des personnalités civiles aussi, c'est l'ensemble des sensibilités sociales et politiques de la Guadeloupe, donc il y a des indépendantistes parmi eux, mais nulle part, ni par écrit ou verbalement, on a vu s'exprimer une revendication d'indépendance.

Roselyne FEBVRE.- Merci beaucoup Christiane Taubira pour votre franc-parler.


 
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