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Pour ceux qui ont eu l’occasion de lire le « Canard enchainé » de la semaine dernière, journal si apprécié sur les bancs de l’UMP ces dernières semaines, ils ont dû y noter un écho tout à fait surprenant au vœu que le groupe Socialiste nous soumet aujourd’hui.
Selon ce journal en effet, Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale, aurait estimé qu’il ne fallait pas toucher au régime de retraite dérogatoire des députés, pour, je cite, "ne pas faire perdre aux Français l'envie de devenir parlementaire".
On serait tenté d’en rire et de se contenter de dire qu’il fallait quand même oser, si cela ne révélait pas finalement le mode de pensée de la majorité gouvernementale.
Cette réforme des retraites, c’est l’apologie de statu quo en matière d’ascenseur social : aucune véritable avancée sur la pénibilité, aucune véritable avancée sur l’individualisation des parcours, aucune réflexion sur les modes de solidarité entre retraités. Et que les 10% les plus riches captent 90% de la richesse nationale produite semble finalement ne choquer personne au gouvernement.
Pourtant chaque formation politique présente dans cette assemblée a essayé, avec son identité propre, de faire avancer différentes propositions pour rendre plus juste et équitable notre système de retraites. Pour nous ce fut notamment la question du passage à un système de répartition à points intégrant la question de la pénibilité, la prise en compte de certaines activités bénévoles et des stages ou de nouvelles sources de financement pour tenir compte de l'évolution de la part salariale dans la valeur ajoutée (qui n'a cessé de diminuer depuis 20 ans).
Mais l'approche du gouvernement est restée purement comptable et financière, refusant de s’élargir à une réflexion globale sur la société et ses évolutions, refusant le dialogue et l’opposition populaire.
Sans véritable politique de relance de l’emploi et de lutte contre le chômage, sans réflexions sur l’évolution des temps sociaux et des modes de vie, et alors que l'espérance de vie en bonne santé reste à peine supérieure à 60 ans, le gouvernement s’est borné à allonger les durées de cotisation, allongeant ainsi les périodes chômées…
Oui collectivement nous devons démontrer l’iniquité de cette réforme, oui une autre réforme était possible, nous voterons donc ce vœu.
Je vous remercie.
Conseil Régional des 30 septembre et 1er octobre 2010
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