 Monsieur le Président, Chers Collègues
La question préalable qui nous est proposée rejoint nos appréhensions à la lecture de ce rapport.
Je ne parle pas ici de l'amalgame étonnant qui semble fait entre personnes de couleur et personnes immigrées résidant sur notre territoire. Je ne m'étendrai pas non plus sur une approche, assez rustique nous semble-t-il, de la discrimination qui se voit ici réduite à sa seule dimension ethnique, sans référence à ses dimensions sociale, culturelle et territoriale ni aux problèmes d'égalité des genres ou de handicap.
Je me borne à constater ici l'écart qui sépare notre conception du vivre ensemble, de la citoyenneté, de la République, de la Laïcité de celle qui transparaît dans la rédaction de cette niche, nonobstant les bonnes intentions manifestées.
Non, répondre à la discrimination par la discrimination n'a jamais été, pour nous, une solution pérenne. Mais surtout, penser les rapports sociaux en se fondant sur les origines ethniques supposées, traduit une vision inquiétante de la réalité. On affirme ici une conception compartimentée, communautarisée de la population.
Or, peut-on sérieusement croire que l'on rendra les citoyens égaux et fraternels en milieu de formation ou de travail, en ne cessant de pointer ce qui peut les faire paraître différents ?
Il ne s'agit pas de rester les bras croisés : l'égalité est une valeur républicaine qui doit s'appliquer à tous. Son non-respect doit être sévèrement sanctionné et nous inciter à une prévention et à une lutte toujours plus actives. La Région fait déjà beaucoup et c'est pourquoi désormais, dans nos rapports et celui de ce jour en témoigne, sont instaurées des clauses de conditionnalité à nos aides sur ces thématiques.
Par contre, notre Région ne saurait à notre avis instituer de mesures préférentielles au bénéfice d'une personne à raison de son origine ethnique supposée.
Pas seulement parce que cela est contraire à des valeurs partagées avec tous nos amis et au-delà, mais aussi parce que le Droit s'y oppose.
De plus, n'ayons pas la mémoire courte et souvenons-nous que dans l'Histoire, les mesures de discrimination touchant telle ou telle communauté ont souvent été prises, au départ, sous prétexte de les protéger.
Dans une France où l'on a jugé bon de créer un Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale, cette réflexion ne nous paraît pas infondée.
Nous soutiendrons donc cette question préalable. Toutefois notre collègue Philippe PASCOT, président de la Commission de la Formation Professionelle a souhaité émettre un vote d'abstention.
Intervention CR 39-09 : Habilitation du président du Conseil Régional à élaborer et signer une chartre régionale Ile-de-France de la diversité dans l'apprentissage - Question préalable du groupe Socialiste - Séance du 26 mars 2009 |