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Monsieur le président, Monsieur le Vice Président, Chers collègues,
Région capitale, nœud des échanges économiques, culturels et politiques français, la Région Ile-de-France porte autant qu'elle incarne la diversité et la spécificité de notre nation. Héritage de son organisation centralisée, le poids de notre Région l'invite donc à recevoir au cours de leur vie professionnelle, estudiantine, citoyenne, et culturelle, nombre de nos concitoyens.
Ainsi Monsieur le président nous indiquait-il lors de la Remise du Prix Carbet de la Caraïbes vendredi dernier au Conseil Régional Ile de France, que notre région « revendique son rôle de terre de confluences ». Évoquant le « Tout monde » et le concept de « Créolisation » cher à Edouard Glissant, vous précisiez que notre Région accueille 1 millions d'ultra-marins où je cite « ils vivent une forme de bonheur mais où par moments, ils vivent une discrimination muette dont ils se sentent les victimes. »
C'est sur la base de ces éléments qu'une action publique spécifique, pour les populations membres à part entière de la communauté nationale que représentent les personnes originaires d'Outre-mer, nous semble nécessaire. En effet, le niveau élevé des tarifs de transport aérien prive ces citoyens de la possibilité de voyager entre l'Ile de France (fort bien nommée ici) et leur région d'origine. A titre d'exemple, un voyage au départ de Cayenne vers Paris, en classe économique coûte aujourd'hui entre 749 et 1761 euros, d'octobre à mai (basse saison), et entre 947 euros et 1761 euros, de juin à septembre (haute saison). Mais nous n'oublions pas non plus des régions durement touchées par les crises comme Saint-Pierre et Miquelon ou Mayotte.
Pourtant nombreux sont les événements qui, au cours d'une vie, peuvent obliger ces Français à se rendre en Ile-de-France ou à revenir dans leur foyer familial : obtention d'un emploi, accès à une formation initiale ou à une formation professionnelle, concours administratifs, décès, etc.
Une telle intervention publique a déjà été imaginée au niveau étatique et au niveau européen. Mais leurs défaillances respectives légitiment et imposent une action régionale sur ce domaine. Il s'agit de donner corps à des valeurs républicaines que notre institution doit promouvoir : la continuité territoriale et la justice sociale.
Une action régionale ne pourra toutefois sur ces sujets être efficiente que si elle s'inscrit dans une démarche partenariale nourrie d'une authentique coopération interrégionale, d'une concertation entre notre Région, l'Etat et les institutions européennes, mais aussi d'une négociation avec les acteurs privés du marché du transport aérien. En outre, il convient de trouver le périmètre d'action adéquat pour pourvoir aux besoins les plus urgents et légitimes tout en s'assurant de l'équilibre financier d'un tel projet, par exemple à terme sous la forme d'un fonds commun abondé par les partenaires dont l'Etat et les employeurs. Avec les transporteurs, des conventions de modération pourraient par exemple être signées car ici comme ailleurs la libre concurrence supposée a parfois bon dos.
A terme par contre, des retombées économiques et touristiques, en particulier, sont non seulement envisageables mais probables et bénéficiaires à tout le monde.
C'est pourquoi Monsieur le Vice Président, notre groupe souhaiterait qu'une étude approfondie soit réalisée sur cette question, pour nous essentielle.
La nécessité d'une démarche prospective sur la continuité territoriale entre Ile-de-France et Outre-mer est d'autant plus urgente que la crise économique que nous traversons accroit les inégalités sociales et accentue l'isolement des populations ultramarines les plus fragiles. L'étude que réaliserait la Région répondrait à des besoins connus et urgents, où son action s'avère légitime. C'est pourquoi la majorité régionale s'était déjà clairement engagée à agir lors de la campagne électorale précédente.
C'est donc sous réserve de la possibilité de réaliser une telle étude et d'entreprendre un travail constant dans ce domaine, que nous voterons cette annexe budgétaire.
Je vous remercie. |