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Ce jour-là, s’il faisait chaud dans leurs coeurs, l’ambiance était plutôt… glaciale. En 2002, Cyril Deschamps et Jérôme André se pacsent au tribunal d’instance de Saint-Germain-en-Laye. « On est entrés dans un petit bureau avec le contrat, nos cartes d’identité. Le greffier nous a lu les papiers et on est ressortis… » se rappelle Jérôme, 34 ans, résidant à Villepreux. Neuf ans plus tard, le couple pourrait bien renouveler cette cérémonie en mairie. Lors du dernier conseil municipal de Villepreux, les élus ont voté une délibération permettant de célébrer des confirmations de pactes civils de solidarité (pacs) dans la salle des mariages de la commune.
Une idée défendue par le maire (SE), Stéphane Mirambeau : « La société change, la mairie s’adapte. Beaucoup de personnes choisissent de se pacser. C’est dommage de célébrer cette union dans une ambiance aussi austère que celle d’un tribunal. A la mairie, nous pourrons organiser une cérémonie plus chaleureuse », prédit l’élu, qui ne sait pas encore exactement comment les choses vont s’organiser. Villepreux célèbre seulement une trentaine de mariages par an, le maire devrait donc avoir le temps d’accueillir plusieurs confirmations… s’il y a des volontaires.
L’an dernier, Carrières-sous-Poissy est devenue la première commune du département à confirmer les pacs en mairie. Pour l’instant, le maire (PRG), Eddie Aït, n’a pas eu l’occasion de célébrer ce type d’union. « Personne n’est encore venu nous le demander, mais l’important, c’est que les gens puissent avoir le choix », insiste l’édile.
« Le pacs, une fois célébré en mairie, devient un symbole républicain et non plus un acte purement administratif », juge Jérôme André, également président du club Homo Festy, une association nationale regroupant homosexuels et hétérosexuels basée à Villepreux. Des hétérosexuels qui, justement, pourraient être nombreux à bénéficier de ce dispositif. Sur le million de pacsés que compte la France, seuls 6 % sont gays. Pour l’Association des familles de Villepreux et environs, ces confirmations républicaines sont une avancée. « Si des couples souhaitent aller en mairie et ressentent le besoin d’officialiser leur relation, c’est plutôt une bonne chose », juge Yvette Bourg, la vice-présidente.
Qu’en pense Christine Boutin, la conseillère générale (UMP) des Yvelines, qui, députée de la 10e circonscription lors du débat instituant le pacs, avait brandi une bible et pris la parole durant cinq heures vingt-cinq minutes d’affilée pour dire son opposition à sa mise en place ?Contactée, la présidente du Parti chrétien-démocrate et candidate à l’élection présidentielle n’a pas souhaité s’exprimer. |